Archive pour mai 2007

Un certain Godot…

Dans un coin de campagne, par un soir lent, deux clochards attendent un certain Godot. Ils ne l’ont jamais vu. Ils ne savent même pas pourquoi ils l’attendent. Ce qu’ils en espèrent est confus, mais il a promis de venir.

En attendant Godot, présenté au Forum du 22 au 26 mai, nous a permis de redécouvrir une œuvre dense, insolite, emplie d’humour, où banales formules, conversations courantes en disent beaucoup sur la révolte, la souffrance et le désespoir. En donnant une couleur clownesque à sa mise en scène, René Chéneaux (compagnie Kick théâtre) a mis en avant la feinte naïveté, les gags et la fraîcheur de cette pièce novatrice passée au rang des classiques.

Vos réactions…

on dit souvent qu’un bon texte aide a être un bon acteur mais ce soir je dit que ce sont les acteurs qui ont mis en valeur le texte !

un souvenir inoubliable !

à bientôt Réne !

un souvenir inoubliable !

Danse à la MPT Jean Jaurès

Un monceau d’objets hétéroclites essentiellement composé de scotch marron s’étend sur le parquet de la salle du 8 mars de la Maison pour tous Jean Jaurès.
Face à eux un public d’une grande diversité assis sur les fauteuils. Ils viennent d’horizons aussi divers que le Slam, la danse indienne, la danse contemporaine, l’informatique, le chant. Leurs points communs : ils pratiquent tous leurs activités à la maison pour tous et répondent à cette invitation à la danse contemporaine. Trois danseurs sont en place, le silence se fait et la magie commence. Une mélopée contemporaine envahit l’espace. Les corps des danseurs prennent vie, se croisent, se jaugent, se dupliquent, se copient, s’affrontent, s’embrassent. Ils jouent un jeu mystérieux qui fait prendre corps aux amoncèlements de scotch. De cette matière bien connue de tous, ils s’en entourent, ils s’y empêtrent, s’attachent, s’arrachent, s’emballent. Les objets jusque là inertes s’animent et s’incarnent. Apparition et disparition des corps se succèdent, des figures émergent : chimères composites, fauteuil volant, couple d’amoureux, famille, ronde d’enfants. Puis la mélopée cesse, le silence se fait. Le public interdit, suspendu en attente ne sait quoi faire, cela va-t-il reprendre ?  L’inerte revient à son état premier et enfin les applaudissements timides puis enthousiastes fusent de 80 mains portées par un même élan. Les danseurs réapparaissent, le dialogue se noue, Serge Ricci le chorégraphe nous parle tranquillement, de sa résidence et de sa méthode de travail. D’improvisation en improvisation le spectacle Vanishing act, s’enrichit, et la compagnie crée sous les yeux du public les objets qui lui serviront pour la suite, garantissant à ce dernier d’assister à une aventure artistique sans cesse renouvelée.
Eric J.

Tempête en appartement !

Samedi 12 mai, cité Danielle Casanova, la porte s’ouvre sur un de ces appartements comme il y en a tant dans cette cité, chargé de l’histoire d’une famille, le buffet fait ici office de musée.

La compagnie La Llevantina au grand complet s’est mêlée à la dizaine d’habitants, amis, voisins, venus assister à une représentation de théâtre en appartement. La table est dressée, l’hôtesse offre l’apéritif, les paroles et les rires se mêlent, on sent une entente cordiale, ici les artistes sont bienvenus, difficile de les dissocier et pourquoi le faire d’ailleurs!

19h30, l’heure du spectacle approche, on dispose les chaises et autres tabourets pour les 13 spectateurs. De l’autre côté de la table, deux comédiens annoncent la couleur. Il sera ici question d’hospitalité. Le public reste interdit, figé sur sa chaise, prêt à l’écoute.

Comme une longue vague, l’espace du spectacle s’étend jusqu’à lui. Les comédiens se révèlent, tombent le masque, en empruntent un nouveau. Des paroles issues de la tragédie se mêlent à celles du quotidien, le ton journalistique fait place à la poésie, les genres se mêlent, la folie jouissive du jeu envahit l’espace, ce n’est plus un appartement, c’est une scène, un tableau mouvant et émouvant, où l’on se déchire et où l’on se retrouve, où l’on cherche à dire et vivre l’hospitalité.

On est tour à tour piégé et soudainement libre de rire ou de pleurer aux éclats. La pièce tangue, les spectateurs chavirent, basculant malgré eux d’un côté à l’autre du salon. Mais jamais le navire poétique ne sombre, et lorsqu’il arrive à bon port on a peine à reprendre pied sur la terre ferme. Le voyage fut immense et éprouvant, les applaudissements fusent et on se retrouve autour du verre d’une amitié consacrée par cette expérience vécue et partagée.

eric J

Si vous souhaitez recevoir chez vous la petite forme de La Llevantina ou d’autres propositions, n’hésitez pas… Ecrivez-nous sur ce blog !

Les justes, un classique d’une actualité brûlante !

Kheireddine Lardjam, avec sa compagnie théâtrale El Ajouad a mis en scène la pièce d’Albert Camus qu’ils ont déjà présentée en Algérie avant qu’elle soit interdite. Pour la première fois depuis plus d’un an, ils l’ont jouée au Forum.

La dernière pièce de Camus met en scène l’affrontement entre deux conceptions de la révolution et de l’acte terroriste. Comment justifier un acte terroriste ? Qui ne se demande si une cause, si juste soit-elle, autorise des actes de barbarie ? Qui ne finit par se poser la question de la conscience humaine ?

Camus est, et demeure, d’une actualité éclatante : le 11 avril 2007, Alger est frappé par trois attentats à la bombe. Des kamikazes ont jeté la ville dans une profonde terreur. Cette terreur, l’Algérie l’a déjà connue pendant une décennie de 1990 à 2000…

Vos réactions…

J’ai vecu un vrai moment d’émotion avec ma mère qui venait pour la première fois au théâtre. Merci de lui avoir fait découvrir le théâtre à travers ce moment fort.

Camus était avec nous enfants d’Algérie !

Une image forte d’une Algérie qui se bat !

Pour que vive le théâtre international !

Merci à toute l’équipe pour ce très beau spectacle…

Merci à cette belle troupe algérienne…

Création et tradition…

Quel plaisir d’accueillir en Seine-Saint-Denis l’Opéra de Paris ! Je n’en crois pas mes yeux, merci beaucoup à tous les organisateurs. M.J. Legrand

Encore un spectacle de qualité au Forum de Blanc-Mesnil, quel plaisir ! S. Boduian

Merci pour ce très beau travail à qui ne peut aller que des louanges. Catherine

Merci de nous proposer des spectacles d’aussi grande qualité. L’Opéra dans le 93, c’est le rêve ! C’était magnifique, merci encore ! F.G.

Bravo, Bravo Ed.

Vanishing Act

Le Forum a accueillit les 27 et 28 avril, Vanishing Act, une performance conçue par Serge Ricci, Fabien Almakiewicz et les interprètes de la compagnie Mi-Octobre à la croisée de la danse et des arts plastiques.

Créant des espaces invisibles au gré des rouleaux de scotch et de leur convulsions, les performers investissent une scène en (dé)composition, un plateau morcelé, peut-être déconstruit, sinon inachevé.

Une oeuvre en éternelle transformation prend corps pour mieux s’évanouir, s’épanouir, disparaître. Matière purement fonctionnelle, intimement lié au carton, au déménagement, au mouvement, le scotch est ici utilisé pour habiller les hommes et les espaces, exhorter l’animalité, convoquer l’imaginaire ou s’amuser des figures mythologiques.

« Rien n’est plus naturel que le surnaturel » murmure Serge…

Les six danseurs interprètes se transforment, se transportent, développent une oeuvre changeante, mouvante, insaisissable, un rêve éveillé, qu’il serait vain de vouloir figer sans en briser l’insoutenable poésie.

Vos réactions…

Scotchant !

Superbe, Baroque, Décoiffant !

Serge… Ne disparais pas du Forum, ton travail est magique !

J’étais scotché à vos prouesses…

C’était super, un spectacle magnifique…

J’adore regarder les danseurs danser, se déshabiller, se rhabiller, j’adore regarder la compagnie mi-octobre de septembre à juin…