Samedi 12 mai, cité Danielle Casanova, la porte s’ouvre sur un de ces appartements comme il y en a tant dans cette cité, chargé de l’histoire d’une famille, le buffet fait ici office de musée.
La compagnie La Llevantina au grand complet s’est mêlée à la dizaine d’habitants, amis, voisins, venus assister à une représentation de théâtre en appartement. La table est dressée, l’hôtesse offre l’apéritif, les paroles et les rires se mêlent, on sent une entente cordiale, ici les artistes sont bienvenus, difficile de les dissocier et pourquoi le faire d’ailleurs!
19h30, l’heure du spectacle approche, on dispose les chaises et autres tabourets pour les 13 spectateurs. De l’autre côté de la table, deux comédiens annoncent la couleur. Il sera ici question d’hospitalité. Le public reste interdit, figé sur sa chaise, prêt à l’écoute.
Comme une longue vague, l’espace du spectacle s’étend jusqu’à lui. Les comédiens se révèlent, tombent le masque, en empruntent un nouveau. Des paroles issues de la tragédie se mêlent à celles du quotidien, le ton journalistique fait place à la poésie, les genres se mêlent, la folie jouissive du jeu envahit l’espace, ce n’est plus un appartement, c’est une scène, un tableau mouvant et émouvant, où l’on se déchire et où l’on se retrouve, où l’on cherche à dire et vivre l’hospitalité.
On est tour à tour piégé et soudainement libre de rire ou de pleurer aux éclats. La pièce tangue, les spectateurs chavirent, basculant malgré eux d’un côté à l’autre du salon. Mais jamais le navire poétique ne sombre, et lorsqu’il arrive à bon port on a peine à reprendre pied sur la terre ferme. Le voyage fut immense et éprouvant, les applaudissements fusent et on se retrouve autour du verre d’une amitié consacrée par cette expérience vécue et partagée.
eric J
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