Ï
Conçu et interprété par Blaï Mateu Trias dans une mise en scène de Michel Cerda, Ï a été présenté au Forum du 15 au 19 avril 2008.
I tréma, c’est Bla « Ï » Mateu Trias, artiste de cirque catalan espagnol, qui puise dans ses origines familiales pour raconter un pan de l’histoire des exilés républicains de 1938.
« Ï arrête le temps, parce qu’il y a des souvenirs qu’il n’a pas vécus. Il y a eu une frontière, il l’a traversée, lui ou bien son grand-père ou il ne sait plus trop. Mais ça oui, il est espagnol, non, catalan, et puis français aussi. Il déambule dans les mémoires de ces clôtures disparues, histoire de comprendre pourquoi il a trois langues dans la tête et cherche ses mots. (…) » Michel Cerda (artiste en résidence au Forum avec le soutien du Conseil général de la Seine-Saint-Denis).
Ci-dessous les textes de spectateurs assidus, participants au parcours écriture avec Michel CERDA :
I, i tréma, i très magique
J’ai vu :
Les toiles de Goya et de Picasso,
La danse époustouflante de la liberté,
Ses envolées magistrales, l’agonie de ses chutes.
J’ai vu :
Les tranchées et les soldats fourmis
Qui les escaladent obstinément,
Le chiffon blanc de la trêve.
J’ai vu :
Les fourmis processionnaires
Qui traversent les frontières,
Têtues, déterminées.
J’ai vu les âmes errantes en quête d’un ailleurs.
J’ai vu :
La liberté fragile, farouche, qu’il faut apprivoiser
La liberté triomphante portant haut son étendard.
I, i tréma, i très magistral.
J’ai entendu :
Les flûtes des bergers des Asturies,
Les castagnettes d’Andalousie,
Les chœurs de Catalogne, les infantes de Castille
les guitares de Séville
I, i tréma, i très magnifique.
J’ai ressenti :
La nostalgie du pays natal,
la souffrance de l’exil comme un sanglot
il faut que « ça sorte »
j’ai ressenti :
l’enfermement, la liberté confisquée,
le souffle destructeur de la guerre
la solitude au pays de l’exil, la quête ininterrompue d’identité.
I, i tréma, i très magnifique.
Les larmes du rire sont elles plus douces que celles de la pitié ?
Pansent-elles mieux le cœur blessé du clown triste ?
les éclats de rire conviennent-ils mieux à sa fierté altière ?
I, i tréma, i très malheureux …
Paulette Beffare 18/04/08
Fïls du vent
- Allez, souffle ! me cries-tu
Alors, allons-ï !
mon pire amï, mon ennemï le plus gentil,
fïls prodigue.
Oui, j’emporte ton drapeau, ton couverture ;
car tu n’as pas comprï.
Anarchïste, guerrïer, réfugïé, prïsonnier, ïvrogne…
tous ces noms, ces malédictions, c’est moi qui te les crache ;
et quand tu demandes où est liberté, la frontière, un passeport,
c’est moi qui te renvoie tes questions.
ces points d’interrogation qui te cognent sont à toi,
car tu n’as pas comprï.
Le plateau est jonché de sacs, une planche, un tremplin.
Tu cherches ici refuge, repos, guérison, compagnons.
Joue de cette bouteille, du bois, des cuillères – je te chante.
Monte sur ces Pyrénées, monte – je te soulève, je te chante.
Trébuche en faisant des soubresauts,
essaie l’écrasement sous ces sacs – je te quitte.
Que des conneries
Tu n’as pas encore comprï.
Fïls prodigue,
Ïnvité,
viens…
La politique, cette histoire de sacs,
ce tourbillon ne te fournira pas d’aile mon ange.
De ces êtres de feu et de lumière,
tes compagnons,
il ne reste que l’ombre –
arrête ton cinéma.
Les passeports, les frontières,
je les dérobent.
La liberté,
C’est de n’avoir plus rien à perdre.
Et le gardien se présentera devant le directeur
pour dire : Il n’est plus ici.
Oui
Ï n’est plus Ï-ci.
Peter MORRISS 20/04/08
21 avril 2008 à 4:58
Superbe Hommage aux Républicains. Bravo Buster !!!
21 avril 2008 à 5:00
Il me fait rappeler Chaplin. Merci pour l’émotion. Très bien !
21 avril 2008 à 5:00
ï, excellente performance ! envie de spectacles comme celui-ci. Merci !
21 avril 2008 à 5:01
Pièce superbe, à voir sans modération.
21 avril 2008 à 5:02
Blaï, artiste de cirque impressionnant, qui donne tout sur scène et fait transparaitre une émotion non contenue, qui nous fait comprendre le poids de cette histoire familiale.