Réunies à l’occasion d’une fête de quartier en banlieue parisienne, de nombreuses personnes auraient assisté à une invasion extraterrestre.
De notre envoyé spécial à Blanc-Mesnil.
Le cinéma nous avait préparés à l’idée que les extraterrestres choisiraient New-York, Tokyo ou Los Angeles pour nous révéler leur existence. Trop prévisible ? Trop « paillette » ? Pas assez « réel » ? Nous ne savons pas. C’est en tout cas au Blanc-Mesnil, au cœur de la cité des Tilleuls, que l’invasion aurait débuté. Un témoin souhaitant garder l’anonymat nous a envoyé ces photos réalisées à l’aide de son téléphone mobile.
Samedi 20 décembre, aux alentours de 16h30, alors que de nombreux habitants s’étaient réunis à l’occasion d’une fête de quartier organisée par la Maison des Tilleuls, la Régie de quartier et Grajar 93… deux étranges statues de papier scotché se seraient mises à bouger.
Un homme – nous l’appellerons Monsieur R – a accepté de nous raconter ce qu’il a vu. Monsieur R était sorti profiter de cette journée clémente et festive, il discutait au stand de prévention contre l’alcoolisme (c’est dire) quand son attention fut attirée par un attroupement inhabituel : « Des statues de papier s’étaient mises à bouger » et de ces « œufs », deux êtres bipèdes seraient sortis et auraient bougé étrangement, de façon convulsive, « pas effrayante non, mais étrange ça oui c’est sûr ».
Après une enquête approfondie et face au silence gêné de la population, il semblerait que le « dossier soit clôt » comme nous l’ont affirmé les fonctionnaires de la police nationale. Poussant le bouchon jusqu’au bout, certains jeunes du quartiers nous ont conseillé de nous renseigner auprès du Forum, un théâtre, ou des artistes aux idées un peu étranges auraient eu l’envie de proposer un temps où le réel bascule, un temps de poésie, d’émerveillement, de douceur.
Les indices que nous avons réunis jusqu’à présent nous mènent sur la piste d’un certain Serge Ricci et sa compagnie Mi-Octobre… Nous poursuivons notre enquête et vous tiendrons informés de ce que l’on peut déjà appeler l’affaire des « hommes scotchés. »
Locking, poping, break, new style, smurf… Tous ces termes n’ont plus de secret pour ceux qui étaient présents samedi 13 décembre à la rencontre autour du hip-hop au Forum. Après la diffusion d’un documentaire retraçant l’histoire du hip-hop, de ses origines – musique funk et culture de rue – à aujourd’hui, Christian Andongui nous a expliqué les pas de base, pendant que les danseurs de son atelier illustraient ses propos. Quelques groupes de danseurs sont ensuite allés sur scène pour montrer leur talent : les Black and White Sisters de la Maison des Tilleuls et l’AS hip-hop du lycée Jean Moulin.
Un plongeon dans la culture hip-hop, qui a permis à ses adeptes d’en apprendre plus sur ses fondements, et aux autres de découvrir ce mouvement artistique dans la théorie et la pratique.
Comment choisir un spectacle pour les tout-petits ? Peut-on savoir si un enfant est touché par un spectacle et, s’il l’est, de quelle manière ? Quelles passerelles les artistes trouvent-ils entre leurs exigences artistiques et celles du très jeune public ?
Autant de questions que se posent les personnels des crèches qui décident d’accueillir des spectacles ou d’emmener les enfants au théâtre. Pour les aider à trouver des réponses, le Forum leur propose une formation de novembre à mars, en organisant des rencontres avec des artistes créateurs de spectacles pour le très jeune public.
Au programme, 6 journées pendant lesquelles les stagiaires – personnels des crèches départementales – vont voir des spectacles, restituer leurs impressions en tant qu’adultes et échanger avec des artistes – Laurent Dupont, Michèle Dhallu, Déborah Coustols-Chatelard, Vincent Vergone, la Compagnie s’appelle reviens – et une psychanalyste – Pascale Mignon. Échanges sur différents thèmes : la création artistique pour les tout petits, leur réception des spectacles, le développement artistique chez les enfants de 0 à 4 ans, mais aussi sur la manière de faire des choix de programmation – comment faire le tri dans les nombreuses plaquettes reçues ?
En prenant comme point de départ le ressenti personnel face à différents spectacles jeune pubic, la discussion, modérée par les intervenants, amène les stagiaires à réfléchir et à trouver des réponses à leurs interrogations, et surtout à se sentir plus aptes à emmener leurs tout-petits au théâtre.
Ça y est, la distribution est fixée, le montage terminé, nos apprentis comédiens satisfaits. Ils ont relu l’ensemble de la pièce (on peut enfin l’appeler ainsi !) puis ont tenté une mise en voix, en espace et… en musique : quelle chance d’avoir un musicien au sein du groupe ! Tout cela dans une bonne humeur synonyme d’une complicité toujours plus grande.
Leurs commentaires décrivent bien ce que vous pourrez voir sur la scène du Forum le 17 janvier : un véritable échange entre différentes générations, composé de pensées qui pourraient se retrouver n’importe où et d’autres propres au Banc-Mesnil. Une « bouillabaisse de vies », que les comédiens en herbe s’en vont répéter pendant les vacances.
A leur prochain rendez-vous, en janvier, il leur faudra dépasser leurs peurs et affronter enfin le plateau. Une étape pas facile pour tout le monde, mais dont ils sortiront forcément grandis, quel que soit leur âge…
Tout ce qui s’est dit depuis le commencement de l’atelier a été retranscrit mot pour mot par les soins de Youness Anzane et Victor Gauthier-Martin. Au programme donc des derniers rendez-vous de l’équipe de « Si j’avais un marteau… » : la lecture de ces textes, retranscription des paroles des participants, et une tentative de répartition de passages entre eux. On fait des choix : qui préfère dire quoi. On dégage des thèmes : la violence, le rapport à la nature et à la ville. On se questionne sur la forme : une alternance entre moments d’Histoire et moments présents…
Puis viennent les angoisses. On se demande si on a le courage, finalement, de monter sur une scène et de s’exprimer devant un public. Car c’est cela, il faut le rappeler, le but ultime de l’atelier : la création d’une pièce de théâtre et sa représentation ! Mais on en discute, on se rassure, on s’aperçoit qu’on est tous au même niveau, qu’on est tous « mort de trouille ». Ce qui est intéressant, c’est de dépasser cette peur.
Voilà nos graines d’acteurs rassurées, prêtes à nouveau à préparer un spectacle rempli de sincérité. On continue donc à découper le texte, à le lire, le réécrire parfois, le distribuer et le penser pour la scène… Écrire pour le théâtre, ce n’est pas de tout repos ! Mais heureusement, la bonne humeur est bien présente et les anecdotes toujours plus croustillantes…
Après les remémorations personnelles, un peu d’Histoire…
Jeudi 6 novembre, Françoise Vasseur, responsable du service des ressources documentaires et du patrimoine de Blanc-Mesnil, a permis aux participants de l’atelier « Si j’avais un marteau… » de retracer l’histoire de leur ville, d’un point de vue objectif cette fois-ci. Ses récits et photographies, mêlés avec l’imaginaire du groupe et des artistes, serviront de matériel de base pour la création de la pièce finale.
Mais pour l’instant, place à la curiosité et à la culture blanc-mesniloise…
Le saviez-vous ?
De nombreux noms de rues trouvent leur origine dans le développement des lotissements privés au début du 20ème siècle : ce sont les propriétaires qui les donnaient, en fonction de leurs goûts. D’où l’accumulation de noms de fleurs à certains endroits, de musiciens à d’autres… et la présence de noms d’illustres inconnus, comme dans l’avenue Mathilde Émilie!
Le blason de la ville est tiré de celui du premier seigneur de la ville, Pottier de Blanc-Mesnil (dont le nom est maintenant écrit « Potier » avec un seul « t » car d’aucuns ont pensé qu’il s’agissait d’une faute d’orthographe…)
Le Blanc-Mesnil en chiffres :
Au début du 20ème siècle, seules 200 personnes habitaient le Blanc-Mesnil.
Avant la première Guerre Mondiale, les habitants étaient 2000.
À la veille de la seconde Guerre Mondiale, ils étaient 20 000.
Aujourd’hui, le Blanc-Mesnil compte plus de 50 000 habitants.
Enfin, grande question : faut-il dire « Blanc-Mesnil » ou « Le Blanc-Mesnil » ? Officiellement, la deuxième formulation est la bonne. Mais depuis 20 ans, sur le logo (officiel lui aussi) de la ville, on peut lire « Blanc-Mesnil « ; il paraît que c’est plus dynamique.
Bref, si vous êtes bon élève, vous direz « j’habite au Blanc-Mesnil » ou « je vais au Forum du Blanc-Mesnil ». Sinon, on ne vous en voudra pas…
Voilà comment, de faits historiques en anecdotes, notre petit groupe de travail a continué d’enrichir et de partager ses connaissances… et d’aiguiser notre curiosité !
Actuel hôpital privé (rue Henri Barbusse)
rue Pierre et Marie Curie, Cinéma « Le Palace »
Le Blanc-Mesnil autrefois…
Le groupe au travail
Françoise Vasseur, avec une carte du Blanc-Mesnil datant des années 30
… reconstruirais-je ma ville, la détruirais-je ? Non, je fabriquerais une pièce de théâtre pour raconter cette ville qui est la mienne, depuis toujours ou depuis peu, pour longtemps ou pour un an. Ville de transit, ville de travail, ville idéale ou ville natale… Ville de vies.
Vendredi, c’était déjà la troisième fois que se réunissaient les participants à l’atelier de création théâtrale de Victor Gauthier-Martin, autour d’un thème : la ville de Blanc-Mesnil. Sans tabou, des hommes et femmes de différentes générations et origines sociales ont partagé leurs souvenirs sur cette ville : un lieu, un parcours, une image qui restera à jamais gravé dans leur mémoire… Moments tragiques ou comiques. Ils ont conté leur amour pour la végétation omniprésente ou leur dégoût du béton envahissant. A travers leurs paroles, on a pu sentir toute la richesse de cette ville. Et ce n’est pas fini…
Cet atelier, proposé par la compagnie microsystème, se prolongera jusqu’au mois de janvier. Il se conclura par une représentation théâtrale permettant à tous, blanc-mesnilois ou non, de découvrir ou redécouvrir cette ville grâce à de véritables témoignages. Un concentré d’émotions…
En ce mercredi après-midi, un grand rêveur a transformé l’auditorium en terrain d’écriture. Écriture avec des mots mais sans stylo. A partir d’une curieuse table, 24 enfants des Centres de Loisir République et Jules Guesde ont fait confiance à leurs sens pour créer des histoires abracadabrantes.
Face à une grande image en ombre chinoise, ces petites têtes débordant d’imagination ont donné leurs impressions : je vois, je vois…
Une feuille, des plantes, une fenêtre sans rideaux, un lapin, de l’herbe, un râteau, un truc comme ça là, avec des… un aspirateur !
Puis ils sont partis à la découverte de ce qui se cachait derrière ce grand rideau blanc : une table remplie de mille babioles, toutes autant de trésors…
Plantes à plumes, lampe magique, monsieur en costume, tigre à pois blancs et autres bizarreries…
De tous ces mots sont nées deux histoires… peut-être un peu bizarres, mais bien loin du cauchemar. Celle d’un enfant dans une boule à neige sans rideaux, et celle d’une girafe et d’un monsieur buvant le thé avec un oiseau…
En ce mercredi après-midi, la curiosité fut un très joli défaut…
L’artiste à l’origine de cette rencontre, Johnny Lebigot, est le créateur de La Table3, « une installation végétale mise en jeux, en lumières, mouvements, sons et textes » que vous pourrez découvrir vendredi 10 et samedi 11 octobre à 20h30.
9 jeunes de la cité Marcel Alizard, encadrés par les animateurs du Grajar et par Patrick Pinon ducollectif Rouge Gorge (en résidence au Forum), ont investi les murs du bloc EDF situé au pied de leurs immeubles.
Outre les jeunes concernés par le projet, toutes les énergies et toutes les attentions sont tournées vers la réalisation de cette hymne à la vie et à la joie, couleurs vives, formes variées, silhouettes mouvantes.
De nombreuses séances de préparation et de sensibilisation aux arts-plastiques ont précédé cette semaine de réalisation de la fresque : visite de musée, ateliers de dessin, de gravure, préparation des schémas.
Le vernissage est prévue à la cité Marcel Alizard, le 5 juin , venez nombreux !
A l’occasion de quelques séances de théâtre en appartement, les comédiens du spectacle Des Batailles ont offert à leurs hôtes le plus impitoyable des combats, le plus sanglant, le plus horrible… le mythique Socrate v.s. Thrasymaque !
Dans un combat philosophique impitoyable, le vil sophiste Thrasymaque a tout tenté pour faire entendre à Socrate, le philosophe, le maître, l’accoucheur d’idées que le juste correspond à l’intérêt du plus fort. Uppercut philosophique me direz-vous, et bien non revoilà Socrate qui esquive le coup et propose une définition bien plus rigoureuse de ce qu’est la justice. Il se lance, attaque son adversaire, le clouant dans les cordes… Mais le match se termine et voilà que nos deux guerriers se séparent sur un bien triste constat, la démocratie porterait en elle, inéluctablement, les germes de la tyrannie.
L’arbitre des débats, Polémarque mais aussi le public de ces rencontres en appartement sont eux aussi intervenus pour débattre de l’état de notre démocratie… Et la réflexion s’est poursuivie lors des représentations de Des Batailles…