Vendredi 14 mai au matin, lycée Voillaume, Aulnay-sous-Bois.
Au bout de l’allée, dans la salle de conférences, il règne une drôle d’ambiance. Quelques élèves s’interpellent, fébriles. Le bruit des chaises que l’on pousse, pour « faire de la place ». L’un pique un sprint dans la cour, les autres angoissent. Le lecteur DVD fait des siennes.
Marie-Laure Basuyaux, enseignante de français, accueille les premiers spectateurs. Elle regroupe les élèves de 2nde 9 et leur donne les dernières indications. Un travail de toute une année va être présenté. Un projet qui a mobilisé lycéens et enseignants (de français donc mais aussi d’ECJS avec Caroline Abiven, de sciences économiques et sociales avec Frédéric Cohen et de mathématiques avec Alain Brunel) pour mener une réflexion autour de la famille – dans son acception littéraire, sociale et intime.
Une thématique qui recoupe de nombreuses oeuvres théâtrales classiques et contemporaines étudiées par la classe, du Cid de Corneille au récent Papa doit manger de Marie Ndiaye. Du texte à la scène, nos apprentis comédiens ont pu assister à quatre spectacles compris dans la programmation du Forum : Roi Lear 4/87 d’après Shakespeare et mis en scène par Antoine Caubet ; Pinocchio d’après Collodi, écrit et mis en scène par Joël Pommerat ; Nature morte dans un fossé de Fausto Paravidino présenté par le Collectif DRAO ; We are l’Europe de Jean-Charles Massera dans une mise en scène de Benoît Lambert.
Sous la houlette de la comédienne Maia Sandoz, les élèves se sont essayés à l’écriture dramatique, la pratique théâtrale et l’écriture critique. Autant de chemins de traverse empruntés pour appréhender les différentes formes de l’écriture et du jeu tout en mettant en question son rapport personnel et social à la famille. Lors de la restitution, les lycéens relatent les résultats des études statistiques qu’ils ont menées, rendent compte du déroulement du projet, reviennent sur les spectacles vus au long de l’année, s’enthousiasment sur les rencontres faites avec les équipes artistiques, se mettent en scène et jouent des extraits de pièces étudiées ou écrites par eux-mêmes et nous font partager cette expérience collective. Comme le fil rouge d’une année scolaire.
Avec leurs mots, les élèves de la 2nde 9 racontent en filigrane une histoire, celle de leur rapport au théâtre. Une découverte, en majorité. Bousculée par les préjugés des uns, les réticences des autres. Une petite révolution, sans grand bruit, mais qui se finalise par une sensibilisation au monde théâtral qui n’existait pas ou peu, dix mois auparavant.
Du 16 au 26 juin, le Forum ouvre grand ses portes aux pratiques amateurs menées tout au long de la saison. Dans le cadre du festival Faim de saison, une vingtaine de propositions artistiques, fruits de collaborations entre praticiens amateurs et intervenants professionnels, vont se succéder pendant dix jours.
Expositions, spectacles, performances et concerts mettront à l’honneur les ateliers mis en place en milieu scolaire et socio-culturel avec, notamment, les artistes en résidence au Forum.
Toute l’année, la programmation du Forum s’aventure hors-les-murs et s’échappe des salles obscures pour investir la ville et ses alentours, des lieux publics aux appartements de particuliers.
Un concert dans votre restaurant préféré, un spectacle dans le potager de votre voisin, un duo de danse dans le parc d’à côté…autant de petites formes artistiques, conviviales et spontanées, à découvrir jusqu’à la fin du mois de juin !
Retrouvez toutes les informations et dates à venir dans notre plaquette .
Du 27 au 29 mai, le Forum accueille deux spectacles énergiques et engagés, si ce n’est enragés. Deux témoignages forts sur notre société, à découvrir notamment à la suite les 28 et 29 mai, dans le cadre du forfait « 1 soirée 2 spectacles ».
Les enfants perdus retracent la naissance du hip-hop sous la plume virtuose du slameur, metteur en scène et rappeur D’ de Kabal. Accompagné de ses compères danseurs et deejay, dont le chorégraphe Farid Berki, il propose un spectacle hybride (texte, danse et musique) tel un hommage à la culture hip-hop originelle, du bitume à la scène, loin des clichés bling-bling véhiculés par les médias.
Avec We are l’Europe de Jean-Charles Massera, le metteur en scène Benoît Lambert poursuit sa critique burlesque de la société actuelle, déjà entamée aux côtés de l’auteur avec la pièce courte We are la France. Ici, on suit avec drôlerie et justesse le parcours de sept super-héros bien décidés à sauver le monde.
Dernier volet de la trilogie jeune public dédiée au plus célèbre pantin en bois, Sous les yeux de Pinocchio est un retour aux sources même de la légende. Le spectacle nous transporte à Castello en Toscane, sur les traces de Carlo Collodi. Originaire de la même ville que l’auteur, Alessandro Libertini met en scène à l’aide de supports vidéos la genèse de l’histoire de Pinocchio et les rapports qu’entretient l’auteur avec son personnage.
L’exercice n’est pas simple : créer du jeu entre la scène et les images projetées, établir un lien entre fiction et réalité, entre le mythe et l’histoire avérée. Une partie de cache-cache dans laquelle certains petits et grands enfants se sont perdus en cours de route, à en croire les commentaires mitigés des spectateurs.
Pour sa 4e édition, le festival Re-créations récidive au Forum ! L’objet du délit est insolite et déjanté : quelques marionnettes tapies en embuscade deci-delà, des acrobaties clownesques manigancées sous chapiteau, des jeux et des ateliers pour un amusement prémédité, une flopée de crêpes à déguster à la volée et autres manifestations de convivialité sur la place publique le samedi 10 avril à partir de 15h.
Le détail du déroulement de la journée est à découvrir ici.
Deux pièces, deux propositions, deux univers se sont croisés pendant dix jours entre les murs du Forum. De l’Algérie à l’Italie, d’une salle à une autre, les spectateurs ont embarqué à bord de Bleu Blanc Vert et/ou de Nature morte dans un fossé pour une traversée théâtrale d’un soir. Vent favorable ou non, les commentaires sont allés bon train à la fin des spectacles.
EN + : les commentaires de lycéens ayant suivi pendant une semaine le travail du collectif D.R.A.O. par là et des retours spontanés de spectateurs par ici.
La première est une adaptation d’un texte de Fausto Paravidino, qui raconte l’Italie d’aujourd’hui au travers d’une enquête policière survoltée et met en jeu des protagonistes variés et marginaux, tous liés par le meurtre d’une jeune fille retrouvée morte dans un fossé. La mise en scène, signée par le collectif D.R.A.O, captive par ses procédés cinématographiques et nous plonge au cœur du roman noir.
La deuxième est inspirée par l’oeuvre du même titre de la romancière algérienne Maïssa Bey. La mise en scène de Kheireddine Lardjam, compagnon de longue date du Forum, illustre le parcours d’un couple, Samir et Lila, au travers de l’Histoire, depuis l’indépendance de l’Algérie jusqu’au tournant du 21e siècle. Une création coup de poing, qui relève aussi bien du geste politique que d’une approche humoristique.