LE FORUM EN GRÈVE

LIRE LE COMMUNIQUÉ DU LUNDI 18 OCTOBRE

COMMUNIQUÉ DU JEUDI 14 OCTOBRE

Le Forum/scène conventionnée de Blanc-Mesnil EN GRÈVE

L’équipe du Forum et les artistes programmés ce week-end se sont réunis en assemblée générale ce matin et ont voté la grève reconductible jusqu’au samedi 16 octobre inclus.

Les représentations et activités sont annulées.

Dans ce contexte général de démantèlement des acquis sociaux, la mobilisation de tous est indispensable. Nous avons rejoint le comité de grève de Blanc-Mesnil dans la lutte pour le retrait du projet de loi sur les retraites.

Lundi 18 octobre à 9h

L’assemblée générale du comité de grève de Blanc-Mesnil se tiendra au Forum. Rejoignez-nous !

RETROUVONS-NOUS À LA MANIFESTATION DU 16 OCTOBRE

Rv à 14h devant le cirque d’hiver

Métro : Oberkampf ou Filles du Calvaires.

Ce n’est pas dans un palais de peur que l’Espoir entrera.
Eschyle (Agammemnon)

Si octobre m’était dansé…

En octobre heureusement, il n y a pas que les feuilles et la nuit qui tombent, mais quelques bonnes nouvelles également ! Comme, par exemple, l’imminence du festival Temps Danse d’Automne qui, du 1er au 22 octobre, réunit au Forum des chorégraphies d’aujourd’hui.

Explorer les connivences entre corps et imaginaire et balayer les frontières formelles : deux lignes directrices qui se conjuguent au fil des propositions déclinées par les artistes conviés, dont les chorégraphes en résidence. Christophe Haleb ouvre le bal et investit le Forum pour deux soirées déjantées avec le spectacle déambulatoire Evelyne House of Shame. Suivra Christian Bourigault qui, à l’occasion du vingtième anniversaire de sa compagnie, profite d’une Carte blanche pour expérimenter diverses formes artistiques. De son côté, Daniel Dobbels s’attaque au manque, à ses symptômes et résistances en empruntant Les plus courts chemins. Présent lors des répétitions, Guy Degeorges, rédacteur du blog Un soir ou un autre nous en livre un avant-goût savoureux ici !

Anciennement en résidence, le chorégraphe Serge Ricci récidive en présentant Des arbres sur la banquise, spectacle poétique et enchanteur. Autre habitué des lieux, D’ de Kabal livre Écorce de peines, un écho contemporain à l’histoire de l’esclavage. Il clôturera le festival sous le signe de la danse urbaine, aux côtés de la pièce Dionyso le dernier robo de Mehdi Slimani.

Pour découvrir le programme détaillé, rendez-vous sur le site du Forum.

EN SAVOIR PLUS EN IMAGES : les spectacles présentés par leurs concepteurs

Du miel dans les épinards

Mardi 21 septembre, tombée de la nuit, ça s’active au Forum. Plus que quelques heures avant l’arrivée des invités : la table de banquet s’habille d’une grande nappe blanche, les assiettes passent de mains en mains, sorties de leur placard, chatouillées par un coup de torchon, disposées entre les couverts, en face des chaises bien alignées. Au bout de la table, Olivier Darné, artiste-apiculteur et fondateur du Parti Poétique, révise son discours… Déjà des bruits de pas dans l’escalier, les lumières se tamisent lentement, en quelques minutes la salle se remplit : l’Assemblée Générale Extraordinaire des Sociétaires est ouverte.

Rappelons-le, le Parti Poétique est présent au Forum depuis deux saisons déjà. Une petite dizaine de ruches, d’événements festifs multiformes, et plusieurs tonnes de miel blanc-mesnilois plus tard, il était temps de faire le point… L’occasion de mettre les petits plats dans les grands.

Près de quarante sociétaires se sont donc retrouvés en compagnie de l’équipe du Parti Poétique pour un « banquet bancaire ». Au menu de cette soirée conviviale : dégustation de miel blanc-mesnilois, témoignages des derniers hébergeurs de ruches, tour d’horizon de l’action du Parti poétique, dialogue entre Olivier Darné le fondateur du Parti Poétique et le philosophe Bernard Vasseur ; discussion animée sur le devenir de notre planète ; état des lieux financiers des Comptes épargnes abeilles.

La soirée s’est achevée par une décision collective quant au réinvestissement de l’argent collecté. Deux propositions ont fait l’unanimité : et si on permettait à Jean Verrechia, apiculteur blanc-mesnilois passionné, d’ouvrir une « école des abeilles », un lieu pédagogique pour initier les petits et les grands au monde de l’apiculture ? Et si on achetait des essaims pour permettre aux habitants de Blanc-Mesnil d’accueillir des ruches au printemps prochain ? Et si…

Une chose est sûre en tout cas : Le Blanc-Mesnil continuera de bourdonner !

Retrouvez toutes les actions de la Banque du Miel lors de la saison 2009/2010 en images

texte Emilie Le Calvez – Photos © Le Parti Poétique

Une ouverture de saison pour tous les goûts

Le samedi 25 septembre dès qu’15h, le Forum ouvre grand ses portes à l’occasion du Plein des Sens, l’évènement festif inaugurant la saison. Le temps d’une journée, le public est invité à s’aventurer dans un Forum transformé, sans dessus-dessous, là où les sens s’éveillent et s’émerveillent…Spectacles insolites, propositions artistiques décalées, ateliers d’exploration sensorielle, intermèdes musicaux et autres mets poétiques sont au menu du jour !

A déguster : une présentation de la manifestation par ses concepteurs, Christian Bourigault et Jean-Charles Di Zazzo pour se mettre en appétit !


Le Plein des sens – Ouverture de saison

images Dominique Philiponska

Et quelques images de l’édition 2009, pour se rafraîchir les papilles !


Le Plein des sens 2009

images Séverine Gast & Audrey Meyer

La rentrée du bon pied !

Pour une rentrée toute en douceur, le Forum a ses petits secrets et vous a concocté un mois de septembre sensoriel et festif !

Inaugurant les stages et ateliers de la saison, les 18 et 19 septembre, le chorégraphe Daniel Dobbels propose un week-end dansé au cours duquel vous pourrez découvrir son univers sensible et partager son approche de la danse contemporaine…à pratiquer en famille !

© Delphine Micheli

« Gestes insoupçonnés, étonnants, doux, la danse a le pouvoir d’éveiller, de retenir et de développer des mouvements qui ne blessent pas, qui sont la mémoire la plus fine de ce qui fait la signature d’une famille… » Daniel Dobbels

>> Informations et inscriptions <<

Présentation de saison 2010/2011

Découvrez en images la présentation inédite des spectacles et rendez-vous à ne pas manquer la saison prochaine !

Pour plus d’informations, consultez notre site.

Le Forum sera fermé du 2 au 23 août inclus, bel été à tous !

images Dominique Philiponska et Audrey Meyer

Interview de Daniel Dobbels

Daniel Dobbels, chorégraphe en résidence au Forum, s’est plié de bonne grâce à l’exercice de l’interview, sous les questions pointues des élèves du dispositif Nouvel Élan du Lycée Mozart (Blanc-Mesnil).

Nouvel Élan : Certains disent qu’il y a un phénomène Dobbels, d’après vous de quoi s’agit-il ?
Daniel Dobbels
: Non « phénomène » est un mot trop fort ! C’est plutôt ma manière de travailler qui est particulière : sentir son corps en mouvement pour éprouver ce que la vie quotidienne ne nous permet pas de sentir.
N. E. : Vous êtes écrivain, critique d’art et chorégraphe. Comment êtes-vous arrivé à cette polyvalence ? Quelle est votre activité préférée ?
D. D. : J’ai obtenu une licence de lettres, je savais réfléchir mais pas bouger. Mon corps était pauvre, incapable de ressentir, de danser et d’écrire. Chorégraphier m’a permis une ouverture avec le corps. Les gestes de la vie peuvent être violents. Bouger ensemble, faire un geste vers l’autre sans être agressif, la danse me l’a appris. Chaque homme mérite la plus grande des attentions : savoir regarder le corps des autres, ne jamais s’arrêter à la colère, voir tout sans juger.
N. E. : Vos spectacles ont-ils un lien avec les livres que vous avez écrits ?
D. D. : Oui, dans certaines de mes créations, j’ai écrit beaucoup de livres sur la peinture. J’ai commencé la danse à 27 ans ; c’était impensable avant. J’avais du mal à m’exprimer et ça m’a permis de me libérer, de changer mon rapport au langage. Chacun a le droit de faire cette expérience, de trouver en soi-même la liberté de la faire.
N. E. : En tant que chorégraphe, comment faites-vous pour que vos danseurs retiennent les gestes ?
D. D. : Chez les danseurs, il se forme une mémoire corporelle qu’ils développent par un travail quotidien. Pour mieux comprendre, il faudrait faire l’expérience ensemble.
N. E. : Combien de temps vous faut-il pour créer une chorégraphie ?
D. D. : Une chorégraphie peut durer 10 min, 15 min ou 1h. Pour une représentation de 20 min, il faut environ dix jours de travail.
N. E. : Vous êtes à la tête de votre troupe « Entre-deux ». Comment sélectionnez-vous vos danseurs ?
D. D. : Lors d’une audition, il faut que j’aime la manière dont ils dansent et bougent. Il faut avoir envie de danser la même danse. Créer une compagnie, c’est dire qu’on a envie de travailler ensemble.
N. E. : Qui sont les producteurs de vos spectacles ?
D. D. : Aujourd’hui, le public recherche des effets spéciaux, du fantastique. Il est donc plus compliqué de trouver de l’argent pour un spectacle de danse que pour de la musique ou pour un film.
N. E. : Le public de la danse est très restreint : pour quelle catégorie de public sont faites vos œuvres ?
D. D. : Pour tout le monde. Tout le monde peut regarder des corps sans les juger. Un corps est fait de sourires, de tensions, d’abandon…On  a le droit de le surprendre.
N. E. : Vous avez accepté de nous faire partager votre expérience. Attendez-vous quelque chose de cette rencontre ?
D. D. : Oui. De ne pas prendre cette rencontre comme un devoir ; se dire que c’est peut être une manière de respirer autrement que de se faire violence à soi-même.

Propos recueillis par les élèves de Nouvel Élan, Lycée Mozart, le mercredi 12 mai 2010

T’as d’belles ruches, tu sais !

Souvenez-vous, il y a quelques temps, nous évoquions un projet de construction de ruches par les élèves du lycée professionnel Aristide Briand de Blanc-Mesnil, à l’initiative du Parti poétique dans le cadre de la Banque du miel. Avec enthousiasme, et sous l’œil attentif de leurs professeurs et chefs d’atelier, une poignée de lycéens s’est lancée dans ce drôle de pari, depuis la conception des ruches sur ordinateur jusqu’à la découpe et l’assemblage des pièces.

Quatre ruches ont été construites, pouvant être assemblées en une gigantesque « fontaine à miel » (photo) ou installées séparément dans les zones de butinage. Un dernier coup de pinceau, et les voilà prêtes à l’emploi pour polliniser la ville !

Plus d’infos en images

images Audrey Meyer

Une histoire de famille

Vendredi 14 mai au matin, lycée Voillaume, Aulnay-sous-Bois.

Au bout de l’allée, dans la salle de conférences, il règne une drôle d’ambiance. Quelques élèves s’interpellent, fébriles. Le bruit des chaises que l’on pousse, pour « faire de la place ». L’un pique un sprint dans la cour, les autres angoissent. Le lecteur DVD fait des siennes.

Marie-Laure Basuyaux, enseignante de français, accueille les premiers spectateurs. Elle regroupe les élèves de 2nde 9 et leur donne les dernières indications. Un travail de toute une année va être présenté. Un projet qui a mobilisé lycéens et enseignants (de français donc mais aussi d’ECJS avec Caroline Abiven, de sciences économiques et sociales avec Frédéric Cohen et de mathématiques avec Alain Brunel) pour mener une réflexion autour de la famille – dans son acception littéraire, sociale et intime.

Une thématique qui recoupe de nombreuses oeuvres théâtrales classiques et contemporaines étudiées par la classe, du Cid de Corneille au récent Papa doit manger de Marie Ndiaye. Du texte à la scène, nos apprentis comédiens ont pu assister à quatre spectacles compris dans la programmation du Forum : Roi Lear 4/87 d’après Shakespeare et mis en scène par Antoine Caubet ; Pinocchio d’après Collodi, écrit et mis en scène par Joël Pommerat ; Nature morte dans un fossé de Fausto Paravidino présenté par le Collectif DRAO ; We are l’Europe de Jean-Charles Massera dans une mise en scène de Benoît Lambert.

Sous la houlette de la comédienne Maia Sandoz, les élèves se sont essayés à l’écriture dramatique, la pratique théâtrale et l’écriture critique. Autant de chemins de traverse empruntés pour appréhender les différentes formes de l’écriture et du jeu tout en mettant en question son rapport personnel et social à la famille. Lors de la restitution, les lycéens relatent les résultats des études statistiques qu’ils ont menées, rendent compte du déroulement du projet, reviennent sur les spectacles vus au long de l’année, s’enthousiasment sur les rencontres faites avec les équipes artistiques, se mettent en scène et jouent des extraits de pièces étudiées ou écrites par eux-mêmes et nous font partager cette expérience collective. Comme le fil rouge d’une année scolaire.

Avec leurs mots, les élèves de la 2nde 9 racontent en filigrane une histoire, celle de leur rapport au théâtre. Une découverte, en majorité. Bousculée par les préjugés des uns, les réticences des autres. Une petite révolution, sans grand bruit, mais qui se finalise par une sensibilisation au monde théâtral qui n’existait pas ou peu, dix mois auparavant.

A lire : les impressions sur la pièce Roi Lear 4/87 et les considérations sur le théâtre recueillies en début d’année

En images : les lycéens décryptent leur rapport au théâtre lors de la restitution

images Audrey Meyer

Magma hors du temps

Guy Degeorges, rédacteur du blog Un soir ou un autre, revient pour nous sur le concert de David Playe et du groupe Magma (compris dans la programmation Opus du CRD). Retrouvez également les impressions des spectateurs, certains venus de loin, sur cette soirée pour le moins fusionnelle.

Je ne regrette pas cette première partie de soirée au Forum de Blanc-Mesnil avec David Playe, qui installe en octet des paysages sonores lents, entêtants, saturés. Une synthèse, sans fausses notes ni incohérences, de jazz rock, de progressif, électronique, chants de dandys décadents, free jazz, fusion, métal… Ce qui situe très exactement la différence de nature entre ce projet et l’expérience que je vis ensuite: la musique de Magma en effet ne ressemble à rien d’autre qu’à elle-même.

Magma.jpg

J’attends ce moment depuis près de trente ans. Trop jeune pour avoir connu l’époque des grandes éruptions du milieu des 70′s. Assez vieux pour un rendez vous manqué au début des années 80, lorsque que le groupe se recherchait lui-même en des territoires esthétiques où je ne le suivais plus…. Mais survivaient les éclats discographiques. Dont la fureur, la révolte et l’audace m’avaient laissé incrédule, bouleversé. Surtout cette absence de recherche de connivence avec l’auditeur, cette immédiateté dans l’impact émotionnel, en même temps cette radicalité qui contre toute attente transcendait la naïveté. Je réécoutais inlassablement ces cris incroyables, pour en comprendre les énigmes, et savoir à quel degré accepter cette mythologie. En vain, sur de fausses pistes. Je comprenais enfin que c’était cette sidération, indépassable, qui était elle-même source de jouissance. Depuis le volcan s’était endormi. Il s’est réveillé il y a 10 ans.

Les musiciens ne sont plus les mêmes et Christian Vander- pour ceux qui l’ignoreraient: le créateur, leader, compositeur, batteur et chanteur de Magma- ressemble à un homme de son âge, et tout cela n’a aucune d’importance. Il ne s’agit ici pas de nostalgie, de revival. Cette musique existe au-delà du temps. Hors des modes et contingences. Colère et beauté toujours présentes. Mais le temps a fait sans doute qu’en l’espèce tout s’est épuré, qui ne serait pas musique, vers des aperçus d’absolu. Plus besoin de costumes extravagants- juste le sigle et de sobres et sombres vêtements. Pour toute mise en scène, la violence des lumières. Renoncée les tentations de « traduire » les paroles des chants en Kobaïen, de comprendre au delà de l’émotion. Finis les discours, et les provocations. Le mythe est installé, juste dissipés ses aspects les plus puérils, il reste l’ambition et le projet. Rien que la musique donc, mais dont les enregistrements ne peuvent jamais restituer qu’un écho. Il faut vivre l’expérience du déferlement de cette musique au moment même où elle se crée, où elle se manifeste. Voir alors les musiciens emportés dans un même mouvement, comme s’ils ne formaient qu’un seul corps traversé par quelque chose de plus important qu’eux. Ni soli, ni compromis, ni enjolivement. Hors de propos ici de mettre en valeur quelque individualité, les prouesses de tel ou tel instrumentiste, le leader y compris. No jazz. La virtuosité ici se fait humble. Les formules rythmiques sont proprement ahurissantes, mais cet exploit est collectif.

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